Marquise d’Espinay par François de Troy vers 1685, école française du XVIIème siècle

15 800 €
Époque : XVIIème siècle
Provenance : Paris, France
Matériaux : huile sur toile, bois doré
Signature : François de Troy (1640 – 1730)
Dimensions : encadré : 92 cm x 77 cm
Voir la fiche de l'oeuvre

Portrait de la marquise d’Espinay
Par François de Troy (Toulouse, 1645 - Paris, 1730)

Ecole Française du dernier quart du XVIIème siècle, vers 1685

Huile sur toile h. 72 cm, l. 56 cm
Cadre d’époque Louis XIV en bois doré et sculpté aux coins fleuris et reparure.
Encadré : h. 92 cm, l. 77 cm

Nous remercions Monsieur Dominique Brême, l’ancien directeur du musée du Domaine départemental de Sceaux et spécialiste de François de Troy de nous avoir aimablement confirmé l'attribution de cette œuvre à l'artiste.

Notre portrait représente la marquise d’Espinay qui, sous le pinceau raffiné de François de Troy, incarne avec une grâce délicate l’idéal du portrait féminin sous le règne de Louis XIV.

marquise d’Espinay Par François de Troy (Toulouse, 1645 - Paris, 1730) Ecole Française du dernier quart du XVIIème siècle, vers 1685

Présentée à mi-buste sur un fond sombre et neutre, elle se détache avec une remarquable clarté selon une formule plus intime que celle du grand portrait d’apparat.
La marquise porte une robe de satin rose pâle dont le corsage largement échancré est bordé d’une fine chemise de gaze translucide. Un manteau de velours bleu profond enveloppe ses épaules, créant un contraste chromatique raffiné entre la chaleur rosée de la soie et la profondeur froide du bleu. Une bande dorée sertie de pierres précieuses traverse le corsage en diagonale et souligne avec discrétion le rang et la richesse du modèle.

la marquise d’Espinay Par François de Troy (Toulouse, 1645 - Paris, 1730) Ecole Française du dernier quart du XVIIème siècle, vers 1685

La lumière, douce et diffuse, éclaire le visage avec délicatesse : le teint diaphane, les joues subtilement rosées et les lèvres légèrement souriantes composent une image de grâce mesurée. Le regard, direct mais sans ostentation, instaure une relation immédiate avec le spectateur. On retrouve ici cette qualité si particulière du traitement des chairs, véritable signature de François de Troy. Par un jeu subtil de glacis et de transitions délicates entre lumière et ombre, le peintre confère au visage et aux carnations une transparence presque nacrée, donnant à la peau une vibration et une présence remarquablement vivantes. Cette manière de laisser affleurer la lumière sous la matière picturale participe pleinement à l’élégance et au raffinement de ses portraits les plus accomplis.
La coiffure haute annonce l’évolution des modes féminines de la fin du XVIIe siècle. Les cheveux sont relevés en volume au sommet de la tête tandis que quelques mèches encadrent délicatement le visage. Cette élévation progressive de la silhouette capillaire, qui préfigure les coiffures plus architecturées des années suivantes, notamment la fontange, participe pleinement à l’élégance raffinée de l’ensemble.

la marquise d’Espinay Par François de Troy (Toulouse, 1645 - Paris, 1730) Ecole Française du dernier quart du XVIIème siècle, vers 1685

La délicatesse du traitement des étoffes mérite également une attention particulière : François de Troy excelle ici dans le rendu des matières, où la transparence légère de la gaze, le moiré délicat de la soie et la profondeur veloutée du manteau témoignent de son talent exceptionnel pour traduire les raffinements vestimentaires de son temps. La chemise de gaze, extrêmement fine et presque vaporeuse, laisse subtilement deviner le modelé d’un sein à travers le tissu translucide. Cet effet, loin de toute provocation, s’inscrit dans une esthétique raffinée caractéristique de la fin du XVIIe siècle, où les vêtements aux accents antiquisants et les épaules partiellement dénudées évoquent le thème du travestissement en Vénus, alors particulièrement apprécié dans le portrait féminin aristocratique.

la marquise d’Espinay Par François de Troy (Toulouse, 1645 - Paris, 1730) Ecole Française du dernier quart du XVIIème siècle, vers 1685

 

François de Troy maîtrise ainsi l’art de suggérer plutôt que de montrer : la transparence contrôlée de la matière met en valeur la carnation nacrée et la douceur du modelé tout en respectant les codes de bienséance. Le sein discrètement couvert mais perceptible participe dès lors d’une évocation maîtrisée de la déesse, associant beauté idéale, grâce féminine et sensualité contenue. Le peintre conjugue ainsi virtuosité technique et subtilité symbolique : la richesse des étoffes affirme le prestige du rang, tandis que la finesse du voile révèle avec délicatesse la vitalité et la présence charnelle du modèle, dans un équilibre typiquement louis-quatorzien entre apparat et raffinement sensuel.

la marquise d’Espinay Par François de Troy (Toulouse, 1645 - Paris, 1730) Ecole Française du dernier quart du XVIIème siècle, vers 1685

Notre portrait est tout à fait caractéristique de l’art de François de Troy, dont la virtuosité s’affirme au fil de sa carrière et de son succès auprès de la cour. L’artiste reprend d’ailleurs ici les mêmes vêtements que dans un portrait conservé au Herzog Anton Ulrich Museum de Brunswick, témoignant de son goût pour certains costumes qu’il décline dans plusieurs effigies féminines.

la marquise d’Espinay Par François de Troy (Toulouse, 1645 - Paris, 1730) Ecole Française du dernier quart du XVIIème siècle, vers 1685

Réalisé dans la même veine que les portraits peints par François de Troy dans les années 1680–1690, notre tableau illustre l’évolution du portrait aristocratique sous le règne de Louis XIV : l’intimité du cadrage, la sobriété de la mise en scène et la douceur de l’éclairage traduisent un goût nouveau pour une représentation plus directe et plus sensible, éloignée de la monumentalité théâtrale des grands portraits d’apparat des décennies précédentes. La marquise d’Espinay y apparaît ainsi comme l’incarnation d’une féminité élégante et maîtrisée, où le prestige social s’exprime désormais par la grâce, le raffinement et la présence immédiate du modèle.

La marquise d'Espinay

Françoise-Marie Le Prestre, née Michau de Montaran (Rennes, 1665 - Chateaugiron, 1715), épouse en 1683 René Le Prestre (1655-1724), seigneur de Lézonnet et 8e marquis d'Espinay. Ce dernier est député du tiers état, avocat général au Grand Conseil, sénéchal du Présidial de Rennes, trésorier des États de Bretagne (en 1687) et président à mortier au parlement de Bretagne. C'est probablement à l'occasion de leur mariage en 1683 que François de Troy immortalise la jeune mariée. La famille Le Prestre entretint des liens avec l'artiste, car il réalise, entre 1722 et 1723, les portraits de leur fils Louis Le Prestre et de son épouse Marie de Soul de Beaujour (voir D. Brême, François de Troy, Paris, 1997, p. 176-177).

François de Troy (Toulouse 1645 – Paris 1730)

François de Troy, from a family of Toulouse artists, stood out very early on with the creation of coats of arms for the solemn entry of the Prince de Conti into Toulouse in 1662. We then find him in Paris where he continued his training. in the studio of Nicolas Loir, then of Jean I Cotelle, whose daughter he married in 1668. First a history painter, he was approved by the Academy in 1671 then received in 1674 with "Mercure et Argus". Through his frequentation of the studio of Claude Lefebvre, he turned to the art of portraiture, of which he was to be one of the greatest representatives of the end of the reign of Louis XIV and of the Regency. It is believed that thanks to his friendship with Charles Le Brun, the King's first painter, he was put in contact with Madame de Montespan, who made him one of her appointed artists. The interpersonal skills of the impetuous favorite will allow her to come into contact with the royal family and with everything that matters at court and in Paris. He will also be the portrait painter of the royal family of England, exiled in France to the castle of Saint-Germain-en-Laye from 1689. Fine courtier, François de Troy then became attached to the Duke of Maine, beloved bastard of Louis XIV and his influential wife, daughter of the Prince of Condé. Assistant professor in 1692, he was appointed professor at the Academy the following year. He will be its director from 1708 to 1711. He will also be called upon several times by the Parisian aldermen for religious commissions. His son Jean-François (1679 – 1752) collaborated with him at the end of his career before taking up the torch and perpetuating the family glory.

Newsletter

Si vous souhaitez recevoir notre newsletter, veuillez saisir votre adresse email ci-dessous

Le champ est vide Merci de saisir une adresse valide

En remplissant ce formulaire, vous acceptez de recevoir des communications personnalisées de la part de Galerie Nicolas Lenté.
Si vous souhaitez vous désinscrire ou connaître le traitement de vos données, veuillez consulter notre politique de confidentialité

Galerie Nicolas Lenté
2, rue des Saints-Pères, 75007 PARIS
Tel: +33 (0)6 64 42 84 66