Huile sur toile
Dimensions : h. 65 cm, l. 52 cm
Cadre en bois doré et finement sculpté aux coins fleuris d'époque XVIIème siècle
Dimensions encadrées : h. 84 cm, l. 70 cm
Ravissant portrait de Françoise-Marie de Bourbon, duchesse d’Orléans, représentée sous les traits de Flore, déesse des fleurs et du printemps.
La princesse est portraiturée à mi-corps, le buste légèrement tourné et le visage presque de face, devant une ample tenture pourpre ouvrant sur un paysage de collines lointaines. Elle regarde le spectateur avec une douceur empreinte d’assurance. Sa main gauche levée retient une guirlande de fleurs, tandis que sa main droite s’ouvre dans un geste gracieux, les doigts délicatement déployés.
Le visage oblong, au teint de porcelaine, présente des joues pleines, dont les contours s’affinent vers un petit menton. Les yeux bleu clair, le nez droit et la bouche menue aux lèvres vermeilles composent une physionomie sereine, animée d’un sourire discret. Le rose des joues apporte chaleur et fraîcheur à la blancheur des chairs.
La chevelure poudrée, coiffée à la Fontanges, est relevée en hauteur, tandis que de longues mèches s’en échappent et retombent librement sur les épaules et la nuque. Deux mèches bouclées encadrent le front et adoucissent l’ovale du visage. Un diadème en or couronne la coiffure, agrémentée de petites fleurs blanches, bleues et rouges mêlées de feuillages, en accord avec le travestissement du modèle en Flore.
La princesse est vêtue d’une chemise blanche largement échancrée, dont les manches amples sont retenues par des ornements de perles et soulignées de galons dorés. Une guirlande fleurie borde le décolleté et met en valeur la gorge découverte. Sa robe bleue enveloppe son buste et se déploie en larges plis sur la silhouette ; rehaussée de motifs et de bordures d’or, elle est rassemblée à la taille par une large ceinture mordorée et retenue près de l’épaule par un fermail incrusté de grenat.
Cette magnifique robe bleue, aux plis généreux et aux reflets lumineux, donne à la composition tout son éclat.
Les fleurs constituent le fil conducteur de cette mise en scène. Disposées dans la chevelure, autour du décolleté et dans la guirlande tenue à la main, elles associent la parure du modèle aux attributs de Flore. Leurs nuances roses, blanches et bleues répondent aux couleurs du teint et des étoffes, dans une évocation poétique de la beauté et de l’abondance printanière.
Loin d’une toilette de cour strictement cérémonielle, les manches flottantes, la ceinture dorée et les draperies librement disposées composent un costume de fantaisie d’inspiration antique. Le travestissement mythologique permet ainsi de conjuguer la distinction du modèle princier et une grâce plus libre. La tenture pourpre souligne la blancheur des chairs et la profondeur du bleu, tandis que l’ouverture sur le paysage apporte de l’espace à la composition.
Pierre Gobert (1662-1744), reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1701, travaille pour les cours de France et de Lorraine, ainsi que pour les familles d’Orléans, de Condé et de Conti.
Le présent tableau s’inscrit dans le langage élégant associé à son atelier : douceur des physionomies, attitudes mesurées, gestes délicats et goût des costumes de fantaisie. Le travestissement en Flore, la richesse des étoffes et la délicatesse des parures florales concourent ici à une représentation raffinée du modèle, où la dignité princière se mêle à la poésie du portrait mythologique.
Françoise-Marie de Bourbon (1677-1749), dite la seconde Mademoiselle de Blois, est la fille de Louis XIV et de Madame de Montespan. Elle épouse Philippe d’Orléans, futur Régent.