Allégorie du Toucher, attribué à Jacob de Backer (Anvers, 1560-1590)

10800 €
Époque : XVIème siècle
Provenance : Anvers, Flandres
Matériaux : huile sur panneau
Signature : Attribué à Jacob de Backer
Dimensions : Encadré: h. 62 cm, l. 77 cm
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Allégorie du Toucher, attribué à Jacob de Backer (Anvers, 1560-1590)

Notre œuvre gracieuse et séduisante reflète les éléments essentiels de l’art de la Renaissance.
Ici le maniérisme tardif se lie avec l’aspect allégorique de la scène, soulignés par le pinceau d’un peintre habile mêlant l’art du paysage à l’art des figures.
A travers la mise en scène pleine de symboles du « sens de toucher », l'allégorie revêt la forme d’une jeune femme partiellement dénudée, lascivement assise près d’un arbre au cœur d’un paysage luxuriant.
Parée d’une coiffure élaborée, visage tourné vers la droite, la gestuelle théâtrale de ses bras lui confère une grâce très particulière. Sa silhouette voluptueuse est enveloppée dans des étoffes colorées créant autour d’elle une multitude de drapés.
Un perroquet perché sur sa main, lui mordilles les doigts et on aperçoit quelques gouttes de sang.
La tortue devant la jeune femme est un autre symbole du toucher ; forcée à se déplacer lentement et si bas, elle touche constamment la terre.
Enfin l’arrière-plan est doté d’un épisode mythologique en lien avec le toucher : « Le mythe de Pygmalion ». On aperçoit un jeune homme (Pygmalion) cajolant la statue qu’il vient de sculpter de ses propres mains, ses maillet et ciseaux oubliés par terre. Tombé amoureux de son propre ouvre qu’il appelle Galathée, il prie agenouillé dans le temple d’Aphrodite, afin que la déesse puisse souffler la vie et animer la statue.
Notre composition sur fond d’un paysage bucolique aux différents nuances de verts illustre ainsi plusieurs incarnations du sens de toucher. La jeune femme allongée affiche une forte influence italienne dont s’est empreigne le peintre lors de son séjour en Italie et évoque les Venus créées par des maîtres vénitiens.
Les couleurs italianisantes, typiques du peintre, pétillent par le jaune vif, le rose acide et les verts printaniers. Les chaires au rendu translucides rehaussé de nuances rosées brillent par leur éclat.
Cependant les sens restent un sujet profondément ancré dans l’art profane de la Renaissance Flamande, le monde exalte les sens et les peintres tels les artistes-philosophes s’adonnent au plaisir de les interpréter, chacun à leur manière. A l’image de ses contemporains tels que Frans Floris et Martin de Vos, Jacob de Backer imagine et crée sa propre série des cinq sens comportant le Gout, l’Odorat, l’Ouïe, le Toucher et la Vue dont quelques répliques autographes/d’atelier existent dans les collections privées et publiques.

Ci-dessous "Le toucher" et "La vue" par Jacob de Backer, collection privée hongroise, publié dans 'The Five Senses' by the Antwerp Artist Jacob de Backer, Ágnes Czobor, Nederlands Kunsthistorisch Jaarboek (NKJ) / Netherlands Yearbook for History of Art, Vol. 23 (1972), pp. 317-327.


Notre panneau « Le toucher » attribué à Jacob de Backer s’inscrit ainsi dans cette série dédiée aux sens.

Ecole Anversoise de la fin du XVIème siècle

Attribué à Jacob de Backer (Anvers, actif 1560-1590)

Huile sur panneau de chêne.
Dimensions : h. 47 cm, l. 61 cm
Au dos du panneau marque de la ville d’Anvers figurant un château surmonté de deux mains coupées.
Cadre de style Renaissance, dit à 'cassetta' à décor de rinceaux sgraffito et écoinçons dorées.
Dimensions encadrées : h. 62 cm, l. 77 cm



Jacob de BACKER

né à Anvers vers 1540 et décédé à Anvers entre 1590 et 1599, est un peintre flamand.
Peu d’éléments biographiques sont connus sur sa vie et sa courte carrière. Neanmoins il f ut une figure marquante de la génération de peintres anversois qui se situait entre Frans Floris (1519/20-1570) et Peter Paul Rubens (1577-1640). Sans doute influencé par l’art florentin à la faveur d’un séjour en Italie, vers 1565-1570, il a fait évoluer son art vers un traitement sculptural des volumes et des effets renforcés de clair-obscur. Remarqué pour ses compositions allégoriques novatrices et savantes, ses corps allongés et la couleur opulente des draperies, ses paysages riches et florissants, ce qui confère à ses compositions une atmosphère prospère et luxuriante. Il est considéré comme l'un des meilleurs coloristes d’Anvers (voir H. Miedema, The Lives of the Illustrious Netherlandish and German Painters, Doornspijk 1994, I, pp. 185-186). On sait que ses œuvres furent appréciées par des personnalités aussi éminentes que l’empereur germanique Rodolphe II.

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